{"id":1121,"date":"2016-05-14T20:33:24","date_gmt":"2016-05-14T18:33:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.melancholia.fr\/import\/index.php\/2016\/05\/14\/compte-rendu-alain-cantillon-le\/"},"modified":"2019-02-07T19:02:40","modified_gmt":"2019-02-07T18:02:40","slug":"compte-rendu-alain-cantillon-le","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amisdeportroyal.org\/societe\/index.php\/2016\/05\/14\/compte-rendu-alain-cantillon-le\/","title":{"rendered":"Compte-rendu : Alain Cantillon, Le Pari-de-Pascal. \u00c9tude litt\u00e9raire d\u2019une s\u00e9rie d\u2019\u00e9nonciations"},"content":{"rendered":"<p><strong>Alain Cantillon, <em>Le<\/em> Pari-de-Pasca<em>l. \u00c9tude litt\u00e9raire d\u2019une s\u00e9rie d\u2019\u00e9nonciations<\/em>, Paris, Vrin, 2014.<\/strong><\/p>\n<p>Le livre d&rsquo;Alain Cantillon a le grand m\u00e9rite de proc\u00e9der \u00e0 une d\u00e9construction justifi\u00e9e d\u2019un des passages les plus c\u00e9l\u00e8bres des <em>Pens\u00e9es<\/em> de Pascal. La mode de la d\u00e9construction para\u00eet certes dat\u00e9e. La th\u00e8se qui donne naissance \u00e0 l\u2019ouvrage fut entreprise sous la direction de Louis Marin dans les ann\u00e9es 1980 et son auteur n&rsquo;\u00e9chappe pas aux tics stylistiques et typographiques marquant \u00e0 la fois l\u2019\u00e9criture marinienne et une \u00e9poque domin\u00e9e par le soup\u00e7on intellectuel vis-\u00e0-vis de l\u2019autorit\u00e9. L\u2019expolition, consistant \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter la m\u00eame id\u00e9e dans des termes \u00e9quivalents, le zeugme, l\u2019incise, alourdissent et brouillent parfois le propos plut\u00f4t qu\u2019ils ne le pr\u00e9cisent. Quant au tiret f\u00e9tiche indiquant que le \u00ab\u00a0Pari-de-Pascal\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0<em>Pens\u00e9es-de-Pascal<\/em>\u00a0\u00bb ne sont que des constructions <em>a posteriori<\/em>, il peut lasser un lecteur qui croit l\u2019avoir compris sans qu\u2019il soit besoin de le lui rappeler \u00e0 chaque page. Il reste qu\u2019on ne peut contester la pertinence des questions que pose Alain Cantillon et, entre tous les \u00e9crits pascaliens, le soi disant \u00ab\u00a0fragment du pari\u00a0\u00bb commen\u00e7ant par les deux mots \u00ab\u00a0Infini rien\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ouvrant n&rsquo;importe quelle \u00e9dition de poche moderne (donc compos\u00e9e selon les m\u00e9thodes Brunschvicg, Lafuma, Sellier ou, dans une moindre mesure, Le Guern), le lecteur n\u00e9ophyte a effectivement l&rsquo;impression qu\u2019il lit un morceau suivi, comme son auteur l\u2019aurait \u00e9crit. Le premier chapitre du <em>Pari-de-Pascal<\/em>, confirm\u00e9 par l\u2019appendice donnant en fac-simil\u00e9 les originaux autographes, rappelle qu\u2019il n\u2019en est rien (comme le confirme l\u2019\u00e9dition \u00e9lectronique en ligne des <em>Pens\u00e9es<\/em>, dont on consultera avec int\u00e9r\u00eat les \u00ab\u00a0transcriptions diplomatiques\u00a0\u00bb reproduisant fid\u00e8lement la mise en page chaotique). Pascal a rempli deux feuilles recto verso de paragraphes successifs s\u00e9par\u00e9s par des traits\u00a0; il ajoute des lignes entre les lignes, compl\u00e8te en marge par de nouveaux paragraphes dispos\u00e9s verticalement, en travers ou \u00e0 l\u2019envers. L\u2019\u00e9criture est, comme toujours, peu lisible, les symboles d\u2019envoi et de renvoi parfois \u00e9quivoques. L\u2019ordre m\u00eame des feuilles pose probl\u00e8me ainsi que leur destination dans le projet des <em>Pens\u00e9es<\/em> puisqu\u2019elles sont \u00e9cart\u00e9es du classement des liasses titr\u00e9es. Pour rajouter \u00e0 la difficult\u00e9, elles montrent des traces de pliure qu\u2019on ne sait dater. Ces singularit\u00e9s \u00ab\u00a0emp\u00eachent quiconque, quelles que puissent \u00eatre ses qualit\u00e9s de pal\u00e9ographe, de philologue ou d\u2019ex\u00e9g\u00e8te, quelles que soient les \u2018sciences annexes\u2019 utilis\u00e9es, de donner jamais \u00e0 lire un texte authentique correspondant aux deux <em>Feuilles \u2018Infini rien\u2019<\/em>\u00a0\u00bb (p.\u00a092). L\u2019\u00e9diteur se trouve devant une mosa\u00efque de trente-quatre \u00ab\u00a0composantes\u00a0\u00bb, qu\u2019il doit r\u00e9ordonner selon la succession typographique. C\u2019est passer de deux \u00e0 une dimension. Chaque \u00ab\u00a0\u00e9dition\u00a0\u00bb n\u2019est donc, pour Alain Cantillon, qu\u2019une \u00ab\u00a0\u00e9nonciation\u00a0\u00bb, donnant lieu \u00e0 de nombreuses d\u00e9cisions \u00e9ditoriales qui restent dissimul\u00e9es derri\u00e8re la tranquille apparence lin\u00e9aire de la chose \u00e9crite.<\/p>\n<p>La suite du livre s\u2019applique \u00e0 \u00e9tudier dans le plus grand d\u00e9tail la succession de ces <em>r\u00e9\u00e9nonciations<\/em>, en r\u00e9v\u00e9lant les pr\u00e9suppos\u00e9s \u00e9ditoriaux, id\u00e9ologiques, politiques, religieux, de leurs auteurs \u2013 rassembl\u00e9s dans le concept de \u00ab\u00a0lieu d\u2019\u00e9nonciation\u00a0\u00bb (au sens o\u00f9 l\u2019on dit\u00a0: \u00ab\u00a0D\u2019o\u00f9 parles-tu\u00a0?\u00a0\u00bb). Les copies faites \u00e0 la mort de Pascal, parce qu\u2019elles ne reproduisent pas la mise en page originelle, repr\u00e9sentent la premi\u00e8re op\u00e9ration \u00ab\u00a0h\u00e9t\u00e9rographique\u00a0\u00bb sur l\u2019autographe, qu\u2019elles transforment en \u00ab\u00a0discours\u00a0\u00bb suivi \u2011\u00a0\u00e0 la diff\u00e9rence, par exemple, du <em>M\u00e9morial<\/em> qu\u2019elles ont scrupuleusement refigur\u00e9. Elles l\u00e8guent ainsi \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 la structure que nous connaissons\u00a0: une \u00e9bauche de dialogue, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019un morceau r\u00e9flexif faisant le parall\u00e8le entre connaissance de l\u2019infini et connaissance de Dieu. Elles font de plus des choix pal\u00e9ographiques lourds de sens et de d\u00e9bats futurs\u00a0: \u00ab\u00a0cela est tout parti\u00a0\u00bb l\u00e0 o\u00f9 le lecteur moderne, \u00e0 partir de Brunschvicg, lira \u00ab\u00a0cela \u00f4te tout parti\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0vous \u00eates embarqu\u00e9s\u00a0\u00bb l\u00e0 o\u00f9 on pouvait aussi d\u00e9chiffrer \u00ab\u00a0vous \u00eates au Carquan\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9dition princeps de 1670 n\u2019illustre pas v\u00e9ritablement le propos cantillonien puisque son caract\u00e8re \u00ab\u00a0rhapsodique\u00a0\u00bb est pleinement revendiqu\u00e9 par ses auteurs. Sa longue analyse, soutenue par une synopse permettant de comparer le travail de Port-Royal \u00e0 celui des deux copistes et \u00e0 la version Sellier, permet n\u00e9anmoins de conclure \u00e0 la fabrication d\u2019une \u00ab\u00a0fiction dramatique\u00a0\u00bb, \u00e0 vis\u00e9e apolog\u00e9tique, dont Pascal serait l\u2019un des protagonistes. Ainsi se trouvait l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 une \u00ab\u00a0<em>persona<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0pascalienne (p. 220) susceptible d\u2019orienter durablement l\u2019interpr\u00e9tation des <em>Pens\u00e9es<\/em> comme \u0153uvre apolog\u00e9tique.<\/p>\n<p>Le chapitre suivant \u00e9largit doublement le d\u00e9bat par son titre\u00a0: \u00ab\u00a0La restauration des <em>Pens\u00e9es-de-Pascal<\/em>\u00a0\u00bb. Il montre de mani\u00e8re convaincante qu\u2019il s\u2019agissait bien pour Ernest Faug\u00e8re, premier \u00e9diteur op\u00e9rant le retour aux manuscrits autographes pr\u00e9conis\u00e9 par Victor Cousin dans son rapport \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise de 1842, de restaurer un monument du patrimoine national. Le rapprochement avec la politique architecturale du r\u00e8gne de Louis-Philippe fait interroger Alain Cantillon sur la cause profonde de cette volont\u00e9 de sauvegarde\u00a0: r\u00e9action aux destructions op\u00e9r\u00e9es par la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0? effroi devant les premiers effets de la R\u00e9volution industrielle\u00a0? La mise en perspective est f\u00e9conde car elle permet de suivre la destin\u00e9e des <em>Pens\u00e9es<\/em> \u00e0 la lumi\u00e8re de la d\u00e9finition de Viollet-le-Duc\u00a0: restaurer un monument, c\u2019est \u00ab\u00a0le r\u00e9tablir dans un \u00e9tat complet qui peut n\u2019avoir jamais exist\u00e9 \u00e0 un moment donn\u00e9\u00a0\u00bb. C\u2019est donc suivre un mod\u00e8le \u00ab\u00a0qui n\u2019est pas n\u00e9cessairement donn\u00e9 tel quel par l\u2019histoire\u00a0\u00bb mais qu\u2019on \u00e9labore \u00ab\u00a0comme une sorte d\u2019id\u00e9alit\u00e9, id\u00e9alit\u00e9 singuli\u00e8re, historicis\u00e9e et pragmatique\u00a0\u00bb (p.\u00a0251). Et c\u2019est bien en ces termes que Faug\u00e8re \u00e9voque dans sa pr\u00e9face de 1844 \u00ab\u00a0le monument\u00a0\u00bb qu\u2019il\u00a0\u00ab\u00a0\u00e9l\u00e8ve \u00e0 la m\u00e9moire\u00a0\u00bb de Pascal et dont il intitule le second volume\u00a0: \u00ab\u00a0Fragments d\u2019une apologie du christianisme, ou Pens\u00e9es sur la religion\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Alain Cantillon d\u00e9crit cette <em>\u00e9nonciation<\/em> faug\u00e9rienne comme un \u00ab\u00a0mausol\u00e9e spirituel\u00a0\u00bb, abritant une <em>persona<\/em> pascalienne qu\u2019il s\u2019agit de \u00ab\u00a0laver\u00a0\u00bb de l\u2019accusation de scepticisme prof\u00e9r\u00e9e par Victor Cousin \u2013 pr\u00e9cis\u00e9ment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019argument du pari, publi\u00e9 en suppl\u00e9ment des <em>Pens\u00e9es sur la religion<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0car qu\u2019y a-t-il qui exclue davantage le scepticisme qu\u2019un calcul math\u00e9matique\u00a0?\u00a0\u00bb fait observer l\u2019\u00e9diteur. Une longue analyse des diff\u00e9rends opposant ce dernier, qui pr\u00e9tend appliquer les consignes cousiniennes, \u00e0 Cousin lui-m\u00eame, qui lui reproche \u00ab\u00a0d\u2019adorer superstitieusement tous les restes d\u2019un grand homme\u00a0\u00bb, fait appara\u00eetre l\u2019enjeu politique que repr\u00e9sente Pascal \u00e0 la fin d\u2019une Monarchie de Juillet qui se m\u00e9fie autant des r\u00e9publicains que des catholiques l\u00e9gitimistes. Ce \u00ab\u00a0d\u00e9bat litt\u00e9raire d\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb illustre, non sans mauvaise foi ni contradictions de part et d\u2019autre, les relations de combat entre philosophie et religion, particuli\u00e8rement en mati\u00e8re d\u2019enseignement. Au disciple de la raison qu\u2019est Victor Cousin, Pascal sert de cible pour attaquer un christianisme qui n\u2019assujettirait pas ses dogmes \u00e0 ceux de la raison. Pour le catholique mod\u00e9r\u00e9 qu\u2019est Faug\u00e8re, il s\u2019agit de ne pas laisser enfermer Pascal dans un anti-rationalisme qui tournerait au fanatisme. La discussion aurait sans doute gagn\u00e9 \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e de mani\u00e8re plus synth\u00e9tique, mais reste fort int\u00e9ressante.<\/p>\n<p>L\u2019auteur en appelle en conclusion \u00e0 un renouveau de la science philologique, tax\u00e9e de scientisme si elle persiste \u00e0 prendre pour objet, \u00ab\u00a0en toute chose et sans limite\u00a0\u00bb, l\u2019\u0153uvre litt\u00e9raire seulement \u2013 sans donc s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la fois aux <em>lieux<\/em> et aux <em>s\u00e9ries d\u2019\u00e9nonciations<\/em> \u00e0 quoi elle a donn\u00e9 naissance (p.\u00a0350). \u00a0Il importe au contraire de \u00ab\u00a0d\u00e9ployer l\u2019\u00e9ventail des incertitudes, pour rendre par l\u00e0 aux lectures, et \u00e0 toutes les \u00e9nonciations \u00e0 venir, nous pensons en particulier \u00e0 tout ce qui touche \u00e0 ce domaine d\u2019action si pr\u00e9cieux que l\u2019on nomme l\u2019enseignement, une plus grande libert\u00e9, et un plus grand int\u00e9r\u00eat\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 un niveau de recherche, chez des lecteurs professionnels qui travaillent les <em>Pens\u00e9es<\/em> depuis des ann\u00e9es, nul doute qu\u2019une telle pr\u00e9conisation est salutaire. On sait la difficult\u00e9 qu\u2019il y a \u00e0 faire prendre en consid\u00e9ration d\u2019autres mod\u00e8les de lecture que les mod\u00e8les estampill\u00e9s \u2011\u00a0particuli\u00e8rement celui de l\u2019apologie.<\/p>\n<p>Le risque p\u00e9dagogique toutefois, si l\u2019on s\u2019int\u00e9resse vraiment \u00e0 transmettre l\u2019int\u00e9r\u00eat pour Pascal, et parce que ce genre d\u2019ex\u00e9g\u00e8se critique demande d\u2019\u00e9normes et souvent d\u2019ingrats d\u00e9veloppements, est \u00e0 la fois d\u2019ennuyer l\u2019\u00e9tudiant et de l\u2019\u00e9garer dans une accumulation de ce qu\u2019Alain Cantillon appelle lui-m\u00eame les \u00ab\u00a0zones d\u2019ind\u00e9cision\u00a0\u00bb du texte, jusqu\u2019\u00e0 perdre tout sentiment que quelque chose comme un \u00e9crivain, arm\u00e9 d\u2019une plume et d\u2019intentions, a produit un texte effectif. Comme le dit Pascal lui-m\u00eame, ou plut\u00f4t son double Salomon de Tultie, narrateur des <em>Pens\u00e9es<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0lorsqu\u2019on ne sait pas la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019une chose il est bon qu\u2019il y ait une erreur commune\u00a0\u00bb. Ainsi progresse la pens\u00e9e scientifique, d\u2019hypoth\u00e8se en hypoth\u00e8se et d\u2019erreur en erreur\u2026<\/p>\n<p>Quoique s\u2019en d\u00e9fende Alain Cantillon, le terme m\u00eame d\u2019<em>\u00e9nonciation<\/em>, sa substitution syst\u00e9matique \u00e0 celui d\u2019\u00e9dition, contribuent \u00e0 faire de l\u2019\u0153uvre une entit\u00e9 abstraite, voire inexistante, et \u00e0 mettre son auteur hors circuit \u2011\u00a0\u00e0 le <em>forclore<\/em>, dirait Lacan, tant ce choix, comme l\u2019incrustation du signifiant <em>Pascal<\/em> dans les syntagmes \u00ab\u00a0pari-de-Pascal\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0pens\u00e9es-de-Pascal\u00a0\u00bb (qui n\u2019est pas sans rappeler l\u2019usage des adresses postales) op\u00e8rent la disparition symbolique de l\u2019\u00e9crivain en tant qu\u2019auteur.<\/p>\n<p>Car en toute rigueur linguistique, le terme n\u2019est pas appropri\u00e9. L\u2019\u00e9nonciation \u00e9ditoriale n\u2019est pas l\u2019acte de production langagi\u00e8re d\u2019un seul individu. Quelles que soient les manipulations ou ajouts qu\u2019il apporte au texte originel, il y a bien un texte originel que l\u2019\u00e9diteur, si l\u2019on veut, cite dans le livre qu\u2019il compose. Le mod\u00e8le de la parole rapport\u00e9e semblerait donc plus ad\u00e9quat pour caract\u00e9riser cette situation qui est celle, en bonne linguistique, d\u2019une co-\u00e9nonciation \u00e0 deux actants, comme la d\u00e9crit par exemple Alain Rabatet\u00a0: \u00ab\u00a0une co-construction par les locuteurs d\u2019un point de vue commun qui les engage en tant qu\u2019\u00e9nonciateurs\u00a0\u00bb. C\u2019est sans doute le nom d\u2019<em>\u00e9diteur<\/em>, dans sa premi\u00e8re d\u00e9finition par les acad\u00e9miciens (1762), qui rend compte le plus simplement de ce qui reste un acte de cr\u00e9ation partag\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui prend soin de revoir &amp; de faire imprimer l&rsquo;ouvrage d&rsquo;autrui.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alain Cantillon, Le Pari-de-Pascal. \u00c9tude litt\u00e9raire d\u2019une s\u00e9rie d\u2019\u00e9nonciations, Paris, Vrin, 2014. Le livre d&rsquo;Alain Cantillon a le grand m\u00e9rite de proc\u00e9der \u00e0 une d\u00e9construction justifi\u00e9e d\u2019un des passages les plus c\u00e9l\u00e8bres des Pens\u00e9es de Pascal. 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