{"id":1115,"date":"2012-04-19T04:49:10","date_gmt":"2012-04-19T02:49:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.melancholia.fr\/import\/index.php\/2012\/04\/19\/denis-moreau-les-voies-du-salut-un\/"},"modified":"2012-04-19T04:49:10","modified_gmt":"2012-04-19T02:49:10","slug":"denis-moreau-les-voies-du-salut-un","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amisdeportroyal.org\/societe\/index.php\/2012\/04\/19\/denis-moreau-les-voies-du-salut-un\/","title":{"rendered":"Denis Moreau, Les voies du salut. Un essai philosophique"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">\n<h2>Pr\u00e9sentation du livre en quatri\u00e8me page de couverture<\/h2>\n<p>Le salut est-il, aujourd\u2019hui, une notion p\u00e9rim\u00e9e ? L\u2019enqu\u00eate men\u00e9e ici tend \u00e0 prouver qu\u2019il est loin d\u2019avoir perdu toute actualit\u00e9. Le mot est bien pr\u00e9sent dans le langage quotidien, et dans des usages parfois surprenants. Et le th\u00e8me lui-m\u00eame, \u00e0 y chercher de pr\u00e8s, n\u2019est pas absent des grandes philosophies de la modernit\u00e9. Qu\u2019est-ce que le salut ? De quoi aurions-nous \u00e0 \u00eatre \u00ab sauv\u00e9s \u00bb ? Comment cet \u00e9ventuel salut s\u2019op\u00e8re-t-il ? Et que faire alors de nos interrogations sur la mort, sur les fautes, sur la foi et sur une victoire, une lib\u00e9ration possibles ? Ces questions difficiles et essentielles sont ici prises au s\u00e9rieux, de fa\u00e7on claire et raisonn\u00e9e, par une r\u00e9flexion de nature philosophique (o\u00f9 l\u2019on croise notamment \u00c9picure, Pascal, Spinoza, Nietzsche et Heidegger) et en dialogue avec le christianisme.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h2>Compte rendu par le p\u00e8re Dubray<\/h2>\n<p>Si le th\u00e8me du salut est le sujet central du livre, l\u2019auteur reconna\u00eet, d\u2019embl\u00e9e, le caract\u00e8re us\u00e9, voire d\u00e9mon\u00e9tis\u00e9 du terme lui-m\u00eame. Cependant, pourquoi, se demande-t-il devrait-on le consid\u00e9rer comme \u00e9tranger \u00e0 la r\u00e9flexion philosophique, pr\u00e9occup\u00e9e jusqu\u2019ici de notions, beaucoup plus abstraites ? Une semblable tentative de r\u00e9habilitation m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre men\u00e9e, \u00e9galement, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la notion de croyance. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les croyances, sans \u00eatre totalement rationnelles se r\u00e9v\u00e8lent plus ou moins raisonnables. Dans l\u2019optique de W. James, elles peuvent m\u00eame \u00eatre envisag\u00e9es sous un angle tr\u00e8s pragmatique et conduisent \u00e0 poser la question suivante : en quel sens sont-elles bonnes pour celui qui y adh\u00e8re ? Ne requi\u00e8rent-elles pas d\u2019\u00eatre \u00e9valu\u00e9es moins en fonction de la v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019elles pr\u00e9tendent transmettre qu\u2019en raison des effets qu\u2019elles produisent dans l\u2019existence de celui qui les adopte ? <\/p>\n<p>\tLes diff\u00e9rents syst\u00e8mes de pens\u00e9e et les comportements les plus quotidiens trahissent, chez les humains, un universel refus de la mort, li\u00e9 \u00e0 la peur qu\u2019elle suscite, en tant qu\u2019envisag\u00e9e comme \u00ab fin de la vie \u00bb (p. 82). Cette relation apeur\u00e9e, angoiss\u00e9e produit sur l\u2019individu des effets qu\u2019on peut qualifier de \u00ab dyspraxiques \u00bb (nocifs) tandis qu\u2019une croyance qui les att\u00e9nue ou les r\u00e9duit m\u00e9rite d\u2019\u00eatre tax\u00e9e d\u2019 \u00ab eupraxique \u00bb (b\u00e9n\u00e9fique). Le ch. III consacr\u00e9 \u00e0 la notion de faute aborde le probl\u00e8me \u00e9thique et invite express\u00e9ment le lecteur \u00e0 envisager la situation o\u00f9 l\u2019homme, de lui-m\u00eame, sans aucune pression ext\u00e9rieure et, en toute connaissance de cause, commettrait le Mal. Cette fascination \u00e9prouv\u00e9e pour les diff\u00e9rentes formes de p\u00e9ch\u00e9 que l\u2019auteur \u00e9num\u00e8re : gloutonnerie, luxure, orgueil, homicide\u2026 semble d\u00e9river du d\u00e9ni de la mort et du d\u00e9sir de prolonger la vie : \u00ab Le fait que nous p\u00e9chions dans la vie ordinaire, c\u2019est-\u00e0-dire les principales fautes morales qu\u2019il nous arrive de commettre s\u2019explique, au moins en partie, par notre repr\u00e9sentation de la mort comme fin de vie et la fa\u00e7on dont nous nous y rapportons \u00bb (p. 171). <\/p>\n<p>\tLe ch. IV vise \u00e0 d\u00e9terminer le sens exact du terme \u00ab r\u00e9surrection \u00bb en le diff\u00e9renciant des concepts voisins et solidaires de lib\u00e9ration, de salut, de r\u00e9demption. Ce dernier vocable oriente l\u2019esprit vers l\u2019id\u00e9e d\u2019un rachat ou d\u2019une \u00ab satisfaction \u00bb obtenus par quelqu\u2019un et, du coup, c\u2019est la conception m\u00eame de p\u00e9ch\u00e9 originel qui est appel\u00e9e \u00e0 un total r\u00e9examen. Adam et Eve repr\u00e9sentent moins le couple primitif que les \u00eatres humains en g\u00e9n\u00e9ral, habit\u00e9s par une propension originaire et spontan\u00e9e \u00e0 se laisser fasciner par le Mal et \u00e0 le commettre. En ce sens, le p\u00e9ch\u00e9 et la tendance au p\u00e9ch\u00e9 restent bien originels, c\u2019est-\u00e0-dire inscrits dans la structure et les conditions d\u2019exercice de l\u2019existence. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans ce domaine que la foi en la r\u00e9surrection repr\u00e9sente un moyen d\u2019am\u00e9lioration \u00e9thique de l\u2019existence, par la lib\u00e9ration qu\u2019elle implique vis-\u00e0-vis de ces atavismes p\u00e9cheurs, susceptibles de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en v\u00e9ritable esclavage. Le christianisme constitue donc une option existentielle viable, une forme qu\u2019il est raisonnable de donner \u00e0 sa vie. <\/p>\n<p>\tLes conclusions de l\u2019ouvrage invitent \u00e0 \u00ab soulever la chape heidegg\u00e9rienne \u00bb qui p\u00e8se sur la culture moderne et consiste \u00e0 d\u00e9crire l\u2019\u00eatre humain comme \u00ab un \u00eatre-pour-la-mort \u00bb, faisant de ce th\u00e8me une sorte d\u2019horizon ind\u00e9passable de la r\u00e9flexion contemporaine. Dans la mouvance des \u00e9crits pascaliens, l\u2019auteur soutient que la foi constitue une sorte de pari sur l\u2019efficacit\u00e9 de la croyance en la r\u00e9surrection. Si c\u2019est notre int\u00e9r\u00eat bien compris de parier, en faveur de l\u2019existence de Dieu c\u2019est \u00e9galement le n\u00f4tre de parier sur l\u2019efficacit\u00e9 salutaire du fait de croire \u00ab qu\u2019en se relevant le Christ a vaincu la mort \u00bb (p. 303). Contrairement aux accusations nietzsch\u00e9ennes et en \u00e9vitant le pi\u00e8ge d\u2019un moralisme \u00e9touffant pratiqu\u00e9 par certains fid\u00e8les, on peut soutenir que la doctrine chr\u00e9tienne est \u00ab affirmative \u00bb et non \u00ab r\u00e9active \u00bb, que la r\u00e9surrection apporte une contradiction fondamentale \u00e0 la mort, \u00e0 la souffrance, \u00e0 l\u2019humiliation, \u00e0 la \u00ab m\u00e9chancet\u00e9 du m\u00e9chant \u00bb. Aux yeux des grands th\u00e9ologiens occidentaux, S. Augustin et S. Thomas d\u2019Aquin, le christianisme incarne d\u2019ailleurs un v\u00e9ritable eud\u00e9monisme, ouvrant la voie au bonheur v\u00e9ritable. <\/p>\n<p>\tCe livre s\u2019inscrit dans un courant apolog\u00e9tique pascalien revu et approfondi, qui se montre en tant que tel peu soucieux de renouveler l\u2019argumentation des th\u00e9odic\u00e9es traditionnelles. Dans ce sillage, la foi est davantage d\u00e9finie et pr\u00e9conis\u00e9e en raison de ses qualit\u00e9s positives, de sa capacit\u00e9 \u00e0 transformer l\u2019existence humaine qu\u2019en raison de ses titres \u00e0 d\u00e9tenir la v\u00e9rit\u00e9. Dans le d\u00e9sarroi actuel et g\u00e9n\u00e9ral des sagesses et des croyances, elle ose pr\u00e9tendre conserver sa s\u00e9duction propre et continuer d\u2019exercer une puissance d\u2019attraction aussi discr\u00e8te qu\u2019efficace. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sentation du livre en quatri\u00e8me page de couverture Le salut est-il, aujourd\u2019hui, une notion p\u00e9rim\u00e9e ? L\u2019enqu\u00eate men\u00e9e ici tend \u00e0 prouver qu\u2019il est loin d\u2019avoir perdu toute actualit\u00e9. 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