{"id":1107,"date":"2011-01-07T13:40:11","date_gmt":"2011-01-07T12:40:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.melancholia.fr\/import\/index.php\/2011\/01\/07\/charles-m-natoli-fire-in-the-dark\/"},"modified":"2011-01-07T13:40:11","modified_gmt":"2011-01-07T12:40:11","slug":"charles-m-natoli-fire-in-the-dark","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amisdeportroyal.org\/societe\/index.php\/2011\/01\/07\/charles-m-natoli-fire-in-the-dark\/","title":{"rendered":"Charles M. Natoli,  Fire in the Dark . Essays on Pascal\u2019s Pens\u00e9es and Provinciales"},"content":{"rendered":"<p>Cet ouvrage, le huiti\u00e8me de la collection  <em>Rochester Studies in Philosophy<\/em> , r\u00e9unit six articles d\u00e9j\u00e0 parus ailleurs, ainsi que deux autres, tout nouveaux, qui servent d\u2019introduction et de conclusion \u00e0 l\u2019ensemble.  <\/p>\n<p>  Le premier de ces huit chapitres commence par affirmer, fort justement, que le Pari vise \u00e0 montrer non l\u2019existence d\u2019un Dieu, mais le caract\u00e8re raisonnable du choix de croire en un Dieu. Il conviendrait d\u2019ajouter que le Dieu dont il s\u2019agit dans l\u2019argument proprement math\u00e9mathique du Pari est le Dieu Souverain Bien de la liasse \u00ab Souverain Bien \u00bb et que le Pari devrait donc trouver sa place non au d\u00e9but des \u00ab Pens\u00e9es \u00bb (contrairement \u00e0 ce qu\u2019affirme  l\u2019A. \u00e0 la p. 8), mais dans la liasse \u00ab Commencement \u00bb, o\u00f9 l\u2019interlocuteur de Pascal accomplit un premier pas sur le chemin de la conversion au christianisme. L\u2019A. souligne les difficult\u00e9s bien connues que suscite, pour un croyant, la doctrine chr\u00e9tienne traditionnelle relative \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019homme, \u00e0 sa Chute, et aux cons\u00e9quences du P\u00e9ch\u00e9 Originel, ainsi qu\u2019\u00e0 la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de Dieu, selon une interpr\u00e9tation maximaliste du principe \u00ab Extra Ecclesiam nulla salus \u00bb. Ces difficult\u00e9s sous-tendent les arguments les plus importants que l\u2019A., dans son sixi\u00e8me chapitre, oppose \u00e0 l\u2019Apologie de Pascal.  <\/p>\n<p>  Les trois chapitres suivants, qui composent la seconde partie de l\u2019ouvrage, traitent des <em>Provinciales. <\/em>Le premier de ces chapitres affirme d\u2019abord, non sans quelque vraisemblance, que Pascal, en proclamant qu\u2019il ne se contente pas du probable mais qu\u2019il cherche le s\u00fbr (p.84), d\u00e9nie presque tout fondement \u00e0 l\u2019entreprise casuistique (p. 36). Il convient de signaler que, contrairement \u00e0 la note 13 de la p. 33, Marguerite P\u00e9rier \u00e9tait la ni\u00e8ce, et non la s\u0153ur, de Pascal. Ensuite, l\u2019A. pose la question de la probit\u00e9 de la tactique rh\u00e9torique de Pascal et conclut qu\u2019il faudrait y appliquer une casuistique assez accommodante pour la justifier (p. 39). Le chapitre suivant juge (p. 53) que l\u2019id\u00e9al moral de Pascal est r\u00e9barbatif au point d\u2019\u00eatre aussi peu recommandable, selon l\u2019honn\u00eatet\u00e9 et le sens commun, que le laxisme des j\u00e9suites. Enfin, le dernier de ces trois chapitres invoque l\u2019\u00e9volution historique des doctrines de l\u2019Eglise pour rejeter l\u2019hostilit\u00e9 que manifeste  Pascal contre les nouveaut\u00e9s en th\u00e9ologie (p. 65).  <\/p>\n<p>  Les trois chapitres qui constituent la troisi\u00e8me partie de l\u2019ouvrage abordent certains th\u00e8mes relatifs aux  <em>Pens\u00e9es<\/em> . Le premier de ces chapitres affirme un subjectivisme radical chez Pascal : pour lui, selon l\u2019A., tout ce qui persuade m\u00e9rite le titre de preuve, la distinction entre les preuves valables et les autres \u00e9tant finalement illusoire (p. 77 et p. 94). A ce propos, l\u2019A. cite le fragment L109-S141, o\u00f9 il est dit que l\u2019argument qui consiste \u00e0 all\u00e9guer la conformit\u00e9 d\u2019ap plication du langage parmi les hommes pour \u00e9tablir une conformit\u00e9 d\u2019id\u00e9e parmi eux n\u2019est pas \u00ab absolument convaincant de la derni\u00e8re conviction \u00bb. Il en conclut que, selon Pascal, il n\u2019y a aucune distinction essentielle entre une preuve l\u00e9gitime et une preuve simplement efficace.  Mais, au contraire, le fragment L109-S141 montre que Pascal distingue bien entre ces deux sortes de preuve. Ce qu\u2019il rejette ici, ce n\u2019est point le caract\u00e8re certain de la conformit\u00e9 d\u2019id\u00e9e parmi les hommes, mais la possibilit\u00e9 de d\u00e9montrer cette v\u00e9rit\u00e9 de mani\u00e8re parfaitement concluante. Il est \u00e9galement inexact de pr\u00e9tendre (p. 92) que Pascal ne met jamais en doute la l\u00e9gitimit\u00e9 de la coutume comme source de conviction. Sur ce point, le fragment L193-S226 montre la n\u00e9cessit\u00e9 de nuancer un tel jugement. Plus loin (p. 94), l\u2019A . conclut que, selon Pascal, la lumi\u00e8re naturelle n\u2019est jamais suffisante. Pourtant, Pascal \u00e9crit, au  fragment L110-S142 : \u00ab Nous savons que nous ne r\u00eavons point, quelque impuissance o\u00f9 nous soyons de  le prouver par raison. Cette impuissance ne prouve autre chose que la faiblesse de notre raison, mais non pas l\u2019incertitude de toutes nos connaissances, comme ils pr\u00e9tendent \u00bb.   <\/p>\n<p> Au chapitre suivant, l\u2019A. oppose \u00e0 Pascal l\u2019objection du caract\u00e8re myst\u00e9rieux de la justice divine, par exemple, \u00e0 propos de la transmission h\u00e9r\u00e9ditaire du p\u00e9ch\u00e9 originel. Il convient de pr\u00e9ciser que dans la lettre aux Roannez de fin octobre 1656 (l\u2019  <em>Int\u00e9grale<\/em>  de Lafuma, p. 267 et les  <em>O.C<\/em>.  III de Jean Mesnard, pp. 1035-1036), il faut lire \u00ab \u00e9trange secret \u00bb et non \u00ab \u00ab \u00e9tranger secret \u00bb, lecture sugg\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019A. par une faute typographique dans le texte de Mesnard. L\u2019A. affirme aussi (p. 107) qu\u2019il faut bien que le dogmatisme ou le scepticisme soit vrai. Au contraire, il y a un juste milieu, choisi par Pascal, entre la th\u00e8se de l\u2019inaccessibilit\u00e9 naturelle d\u2019une parfaite certitude et celle de l\u2019accessibilit\u00e9 naturelle d\u2019une telle certitude (voir mon article \u00ab Pascal entre le dogmatisme et le scepticisme \u00bb, <em>Literaturwissenschaftliches Jahrbuch<\/em> 1999, pp. 115-138). Enfin, les arguments de Pascal en faveur du christianisme sont bien de  nature probabiliste (L835-S423), comme l\u2019\u00e9crit Jean Prigent, cit\u00e9 et contredit sur ce point par l\u2019A. (p. 108, n. 11). Dans le dernier des trois chapitres qui composent la seconde partie de l\u2019ouvrage, l\u2019A. se demande pourquoi Pascal n\u2019\u00e9voque pas dans son Apologie l\u2019exp\u00e9rience du \u00ab M\u00e9morial \u00bb. A cela, il suffit de r\u00e9pondre que Pascal juge bon de ne pas tirer argument d\u2019un \u00e9v\u00e9nement dont ses adversaires auraient beau jeu de contester la r\u00e9alit\u00e9.  <\/p>\n<p> Dans le huiti\u00e8me et dernier chapitre, l\u2019A. conclut qu\u2019un myst\u00e8re imp\u00e9n\u00e9trable entoure tant l\u2019\u00eatre que la justice du Dieu chr\u00e9tien. Pascal lui donnerait raison sur ce point (L418-S680), sans pourtant lui accorder que cette v\u00e9rit\u00e9 puisse l\u00e9gitimement amener l\u2019incroyant \u00e0 refuser de croire au christianisme.  <\/p>\n<p>  On doit f\u00e9liciter l\u2019A. d\u2019avoir r\u00e9ussi, malgr\u00e9 certaines erreurs, \u00e0 r\u00e9sumer la pens\u00e9e religieuse de Pascal de mani\u00e8re claire, \u00e9rudite, et \u00e9l\u00e9gante.    <\/p>\n<p> (Cette recension a d\u00e9j\u00e0 paru dans la <em>Revue Philosophique<\/em>, no 1\/2007, p. 116-117)      <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet ouvrage, le huiti\u00e8me de la collection Rochester Studies in Philosophy , r\u00e9unit six articles d\u00e9j\u00e0 parus ailleurs, ainsi que deux autres, tout nouveaux, qui servent d\u2019introduction et de conclusion \u00e0 l\u2019ensemble. 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