{"id":107,"date":"2014-12-22T21:23:48","date_gmt":"2014-12-22T20:23:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amisdeportroyal.org\/societe\/index.php\/2014\/12\/22\/vertus-mademoiselle-de-1617-1692\/"},"modified":"2019-02-26T14:11:44","modified_gmt":"2019-02-26T13:11:44","slug":"vertus-mademoiselle-de-1617-1692","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.amisdeportroyal.org\/societe\/index.php\/vertus-mademoiselle-de-1617-1692\/","title":{"rendered":"Vertus, Mademoiselle de (1617-1692)"},"content":{"rendered":"<p>Mademoiselle de Vertus est l&rsquo;une des grandes figures de Port-Royal. Catherine de Vertus est la fille de Claude d&rsquo;Avaugour, comte de Vertus, premier baron de Bretagne, mort en 1637, et de Catherine Fouquet de La Varenne, morte en 1670. Catherine a un fr\u00e8re, Louis de Bretagne, qui sera marquis d&rsquo;Avaugour, comte de Vertus, et plusieurs s\u0153urs : Marie, qui devient Mme de Montbazon, Constance-Fran\u00e7oise, demoiselle de Clisson, morte en 1695, Ang\u00e9lique-Marguerite, demoiselle de Chantoc\u00e9, morte en 1694, Anne, demoiselle de Goello, morte en 1707, ainsi que trois religieuses : Philippe-Fran\u00e7oise, abbesse de Nidoiseau, Madeleine et Marie-Claire, coadjutrice de Nidoiseau, puis abbesse de Malnoue, morte en 1711. \u00ab Cette Mademoiselle de Vertus [Catherine] a du m\u00e9rite et sait le latin \u00bb, \u00e9crit Tallemant des R\u00e9aux (<em>Historiettes<\/em>, \u00e9d. A. Adam-G. Delassault, Paris, Pl\u00e9iade, 1970, t. II, p. 213).<\/p>\n<p>Catherine passe sa jeunesse dans une abbaye de religieuses b\u00e9n\u00e9dictines, avant d&rsquo;\u00eatre introduite \u00e0 la Cour par sa s\u0153ur, la fameuse duchesse de Montbazon. Elle fr\u00e9quente le grand monde, demeure chez la comtesse de Soissons, puis, \u00e0 partir de 1650, dans la maison de la duchesse de Rohan, place Royale. Par Antoine Singlin, sup\u00e9rieur des religieuses de Port-Royal, qu&rsquo;elle a pris comme confesseur, elle fait, en 1654, la connaissance de la duchesse de Longueville, dont elle devient la dame de compagnie et l&rsquo;amie tr\u00e8s fid\u00e8le. Catherine de Vertus entretient des relations d&rsquo;amiti\u00e9 avec certains proches de Port-Royal, comme le th\u00e9ologien Claude Taignier, docteur du coll\u00e8ge de Navarre, et Charles Maignart de Berni\u00e8res. Elle fr\u00e9quente la marquise de Sabl\u00e9 et son salon, install\u00e9 dans le monast\u00e8re du faubourg Saint-Jacques, et se lie avec plusieurs moniales. Apr\u00e8s la mort de Singlin, elle prend pour confesseur, ainsi que la duchesse de Longueville, Louis-Isaac Le Maistre de Sacy, dont elle d\u00e9plore l&#8217;emprisonnement \u00e0 la Bastille entre mai 1666 et la fin d&rsquo;octobre 1668, et dont elle prend alors un soin particulier. Pendant les n\u00e9gociations secr\u00e8tes qui se tiennent \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de Longueville en 1668, Catherine de Vertus fait preuve d&rsquo;une intelligence et d&rsquo;une perspicacit\u00e9 qui forcent le respect de ses proches. D\u00e8s le 9 avril 1669, le monast\u00e8re des Champs, r\u00e9concili\u00e9 depuis peu avec les autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques et royales, re\u00e7oit sa visite, suivie de nombreuses retraites. D\u00e8s f\u00e9vrier 1670, elle y vit retir\u00e9e, se s\u00e9parant de mani\u00e8re d\u00e9finitive de la duchesse de Longueville : elle s&rsquo;est fait construire une petite maison \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;h\u00f4tel de son amie. Le 11 novembre 1674, Catherine re\u00e7oit le titre de bienfaitrice du monast\u00e8re, qui l&rsquo;admet dans ses rangs : elle sera v\u00eatue du petit habit blanc des novices, sans jamais devenir religieuse. Elle le portera jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, pratiquant la r\u00e8gle cistercienne avec une pi\u00e9t\u00e9 exemplaire et supportant les pires infirmit\u00e9s pendant les quinze derni\u00e8res ann\u00e9es. Catherine de Vertus meurt le 21 novembre 1692, soign\u00e9e par Denis Dodart, son ex\u00e9cuteur testamentaire : son corps est inhum\u00e9 dans le cimeti\u00e8re des moniales et son c\u0153ur est confi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;abbaye de sa s\u0153ur \u00e0 Malnoue, o\u00f9, en 1711, ses restes seront port\u00e9s apr\u00e8s la destruction des Champs.<\/p>\n<p>Racine \u00e9crira son \u00e9pitaphe :<\/p>\n<blockquote><p>Ici repose Catherine-Fran\u00e7oise de Bretagne, demoiselle de Vertus. Elle passa sa plus tendre jeunesse dans le d\u00e9sir de se donner \u00e0 Dieu, pratiquant d\u00e8s lors avec un go\u00fbt particulier la r\u00e8gle de saint Beno\u00eet dans un monast\u00e8re [\u2026]. Elle se retira dans cette maison, dont elle embrassa toutes les pratiques, et o\u00f9 ses violentes maladies, qui l&rsquo;attach\u00e8rent au lit pendant les onze derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, l&#8217;emp\u00each\u00e8rent seules de faire profession. Mais elles n&#8217;emp\u00each\u00e8rent pas sa r\u00e9gularit\u00e9 \u00e0 r\u00e9citer tous les jours l&rsquo;office aux m\u00eames heures de la communaut\u00e9, son attention aux n\u00e9cessit\u00e9s du prochain, sa charit\u00e9 pour toutes les s\u0153urs, et surtout son attention \u00e0 Dieu dans une adoration perp\u00e9tuelle au milieu de tous ses maux, qu&rsquo;elle souffrit avec une extr\u00eame humilit\u00e9 et avec une patience incroyable. Enfin, \u00e2g\u00e9e de soixante-quatorze ans, apr\u00e8s avoir laiss\u00e9 ce qui lui restait de bien aux pauvres et v\u00e9cu pauvre elle-m\u00eame, elle rendit son \u00e2me \u00e0 Dieu, munie de tous les sacrements des mourants, au milieu de toutes les s\u0153urs.<\/p><\/blockquote>\n<p>Jean Lesaulnier<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mademoiselle de Vertus est l&rsquo;une des grandes figures de Port-Royal. Catherine de Vertus est la fille de Claude d&rsquo;Avaugour, comte de Vertus, premier baron de Bretagne, mort en 1637, et de Catherine Fouquet de La Varenne, morte en 1670. 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