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Pascal : la charité n’est-elle pas l’autre nom de la vérité ?

Par Bernard Grasset

Qu’est-ce que la vérité ? Y a-t-il une vérité universelle ? Si oui, la philosophie peut-elle l’atteindre et comment ? Si on interroge la vérité dans la perspective de la pensée pascalienne où elle occupe une place centrale, il convient de pointer d’abord une approche sceptique et dialectique de l’histoire de la philosophie soulignée dans l’Entretien avec M. de Sacy et reprise dans les Pensées. Les philosophes se contredisent sans fin et la vérité ne cesse de leur filer entre les mains. Nul vrai universel en matière de philosophie. En fait Pascal ramène la philosophie à deux grands courants : le dogmatisme (stoïcisme d’Épictète) et le pyrrhonisme (scepticisme de Montaigne). Ces deux courants ont une part de vérité (la grandeur de l’homme pour le premier, la misère de l’homme pour le second), mais seulement une part. Pour accéder à une vérité qui ne soit pas partielle, fragmentaire, mais pleine, entière, une universalité du vrai, il faut quitter le sol de la raison philosophique, le champ cartésien du clair et distinct, pour accueillir un mystère inexplicable, au-delà de la raison, qui seul explique notre existence et répond aux questions de la raison. S’en tenir à la seule raison, à l’ordre d’Archimède, c’est se priver de la plénitude de la vérité qui éclate dans le troisième ordre, l’ordre de la charité.

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Conseil de lecture : Bernard Grasset, Pascal, Paris, Ellipses, collection Connaître par citations, 2017.

Voir en ligne : Vidéo de la conférence

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