La Cène

Ce sont les principes de retenue, d’austérité et de respect de la vérité qui dominent cette oeuvre. Champaigne a représenté le moment où Jésus, bénissant le pain, institue l’Eucharistie. Champaigne élimine toute anecdote : on ne voit ni décor ni serviteur, la table est vide, l’oeuvre est centrée sur le sacrement opéré par le Christ. La composition très stricte et symétrique, la régularité du dallage et des plis de la nappe, la sobriété des coloris, les oppositions de tons francs confèrent au tableau une grande solennité. Moins attentif à la vérité historique que spirituel, Champaigne ne se soucie guère de couleur locale : la couleur du vêtement de Jésus, par exemple, s’explique non par une volonté d’exactitude archéologique, mais par un souci d’expressivité symbolique : le rouge de la robe représente le sang, et le bleu souligne la part céleste du Christ ; c’est la double nature du Fils de Dieu qui se trouve ainsi réaffirmé à travers le choix chromatique. [1]

[1] Source : Sandrine Lely, « Architecture et peinture à Port-Royal des Champs », in Chroniques de Port-Royal - Port-Royal des Champs, 54, 2004.


Illustrations


La Cène

La Cène

par Philippe de Champaigne


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