Evénement

Britannicus

12, 13, 14 juin 2014 au théâtre de l’ENS

Britannicus de Jean Racine Les jeudi 12, vendredi 13 et samedi 14 juin À 20h30 au théâtre de l’ENS

Réservations sur britannicus.reservation@gmail.com

Avec : Adrien Aracil, Caroline Descotes, Sébastien Dublanchet, Amandine Gaudron, Charlotte Goupil, Alban Jeandin, Jean-Baptiste Labrune, Pierre Labrune, Jeanne Mallet.

Mise en scène : Caroline Descotes Costumes : Jeanne Mallet Régie : Thomas Labrune

« Vous allumez un feu qui ne pourra s’éteindre »

Britannicus peut encore vivre. Néron peut encore ne pas sombrer. Son précepteur Burrhus croit au pouvoir de l’éducation : il a fait tous les efforts possibles pour faire disparaître la cruauté naturelle de son élève derrière une vertu dont tout le monde est convaincu.

Mais Néron se sent menacé. Ses trois ans d’efforts vertueux le fatiguent ; le mariage que l’ambition dévorante de sa mère lui a imposé lui pèse ; celle-ci le harcèle et refuse de céder le pouvoir qu’elle dit avoir conquis pour lui ; surtout, il craint toujours plus son beau-frère et frère d’adoption, Britannicus, légitime héritier du trône. Néron s’épuise en efforts, terrifié par sa mère, exhorté par Burrhus, pressé par sa conscience ; il résiste, même si les suggestions insidieuses du traître Narcisse le séduisent.

Alors paraît Junie. Et le monstre commence à lutter pour naître. Britannicus n’est pas une simple histoire d’amour car Junie et Britannicus ne sont pas de simples jeunes premiers. Junie descend d’Auguste : à ce titre, elle est de sang royal et divin. Quant à Britannicus, il est l’héritier du trône en tant que fils légitime de Claude – alors que Néron n’a été qu’adopté –, et parce que, contrairement à ce dernier, il est naturellement bon. Une alliance entre la plus vertueuse des descendantes d’Auguste et celui qui aurait dû accéder au pouvoir constitue un danger considérable pour l’autorité toute fraîche de Néron. L’amour mutuel que se portent Junie et Britannicus n’est donc pas seulement la communion intime de deux âmes qui se sont reconnues semblables : il peut à tout instant devenir un contre-pouvoir puissant.

C’est donc autant sur l’autorité bafouée que sur la passion déçue de Néron que Narcisse joue constamment pour le pousser au crime ; sans l’amour de Junie et de Britannicus, la crainte que Néron éprouve envers son frère d’adoption ne se transformerait jamais en haine jalouse. Et sans la double légitimité dynastique des amants qui le bravent, Junie ne serait jamais à ses yeux qu’une autre de ces femmes à conquérir à la Cour. L’amour et le pouvoir se nourrissent l’un l’autre dans la tragédie : cela n’a jamais été plus vrai que dans Britannicus.

En montant Britannicus, nous nous sommes donc efforcés de faire surgir le frisson que l’on ressent en voyant des personnages qui, dépassés par la situation, font leurs choix en pleine connaissance de cause, et sans être écrasés par une fatalité tragique que l’on allègue trop facilement quand on parle de Racine.


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